Mme Bouchareb met en exergue à Madrid l’expérience du Maroc en matière de lutte contre les changements climatiques

Saliha Boujraf
MmeNouzha Bouchareb,ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville,a affirmé, hier jeudi à Madrid, que la Contribution Déterminée au niveau National (CDN) du Maroc prend en considération l’ensemble des secteurs économiques du Royaume, dont celui du bâtiment, et s’appuie sur une vision claire et globale de l’action climatique.
Dans son intervention devant un panel de haut niveau organisé dans le cadre de la COP25, abritée par Madrid du 02 au 15 décembre courant, avec la participation de responsables et d’experts de plusieurs pays, MmeBouchareb a ajouté que la CDN Maroc comprend un portefeuille de 55 actions concrètes en vue de réaliser l’objectif défini de réduction d’émissions à l’horizon 2030.
S’exprimant lors de cette rencontre organisée à l’initiative de l’Alliance Mondiale pour les Bâtiments et la Construction (GABC) et le Programme d’Efficacité Energétique dans les Bâtiments (PEEB) sur l’intégration du secteur du bâtiment et de la construction dans les CDN, la ministre a souligné que le levier de la CDN Maroc, considérée par la communauté internationale comme étant ambitieuse et compatible avec les objectifs ciblés par l’Accord de Paris, vise une réduction globale de 42% des émissions des gaz à effet de serre (GES) d’ici 2030, dont 25% est tributaire au soutien international.
MmeBouchareba indiqué, dans ce sens, que la part du secteur du bâtiment dans ces efforts d’atténuation est de 7,6% entre 2020 et 2030 et de 8,3% au-delà de 2030 et ce, grâce à la mise en œuvre de 9 projets ambitieux totalisant un objectif de réduction d’environ 6 millions de tonnes de CO2/an d’ici l’année2030.
La ministre a précisé que les actions et mesures proposées dans le cadre de la CDN concernent également l’appui et le renforcement de l’intégration des mécanismes de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables dans le secteur du bâtiment, qui est l’un des principaux secteurs consommateurs d’énergie au Maroc puisqu’il représente 33% de la consommation énergétique totale du pays et enregistre une forte croissance annuelle de la consommation énergétique.
Dans ce sillage, MmeBouchareb a souligné que le secteur du bâtiment recèle un gisement d’économie d’énergie qui gagnerait à être exploré, en vue d’en faire un véritable levier pour réaliser les objectifs de l’Accord de Paris et tirer profit ainsi des co-bénéfices du développement durable, notamment en termes de création d’emplois, d’amélioration des revenus, de mobilisation du secteur privé et de développement des marchés locaux.
La ministre a fait observer que le secteur du bâtiment tire profit dans ce cadre du processus en cours de révision de la CDN du Maroc en vue d’appuyer et de rehausser l’ambition du Royaume dans ce domaine, soulignant qu’une série d’études ont été lancées dans ce secteur, notamment celle relative à l’élaboration d’un plan d’atténuation et d’adaptation dudit secteur pour identifier les actions nouvelles à intégrer dans le cadre de la CDN du Maroc en cours de révision et d’enrichissement, en vue de l’amélioration de l’efficacité énergétique dans le secteur.
Concernant le volet adaptation, MmeBouchareb a rappelé que son département est inscrit dans la vision annoncée par le Maroc dans le cadre de sa CDN, qui est de rendre son territoire et sa civilisation plus forts et plus résilients face aux changements climatiques, tout en assurant une transition rapide vers une économie sobre en carbone. La ministre a souligné, à cet égard, qu’il est temps d’œuvrer à l’intégration de l’adaptation dans le secteur du bâtiment.
D’autre part, MmeBouchareb a souligné que le Maroc a accumulé des résultats significatifs en matière de lutte contre les effets du changement climatique, à travers l’engagement de diverses initiatives, dont notamment le renforcement l’arsenal institutionnel et juridique et la mise en œuvre d’une multitude d’actions et programmes structurants à vocation climatique et environnementale.
La ministre a assuré, en outre, que malgré sa faible responsabilité à l’égard d’émissions des gaz à effet de serre (GES), le Maroc est convaincu que les ambitions mondiales devront appeler à un engagement constant et conséquent de tous les pays tant en matière d’atténuation, d’adaptation que de mobilisation de moyens et des mécanismes de mise en œuvre et de renforcement des approches de coopération et de partenariat dans ce domaine.



