Dans une note d’orientation présentée lors d’un séminaire L’Association des Femmes Harakies appelle à la constitutionnalisation de la discrimination positive en faveur des femmes
La liste nationale des femmes, adoptée par le Maroc depuis 2002 et qui est le fruit de luttes politiques, constitue un acquis pour les femmes marocaines. En effet, nul ne peut nier les avantages de cette liste, qui a permis à 30 femmes d’accéder au Parlement. Ce qui représente un acquis que nous devons, en tant que femmes marocaines, préserver et défendre.
La liste des femmes a certes à son actif une très courte expérience au Maroc, mais elle peut générer des résultats très positifs à l’avenir si le quota est porté à 30%, d’autant plus que le Maroc regorge de compétences féminines.
La constitutionnalisation de la discrimination positive est désormais une action inévitable eu égard au fait que le Maroc vit une phase positive politiquement depuis le Discours Royal historique du 9 mars portant sur la révision constitutionnelle.
Ainsi, l’opportunité devrait être saisie en faveur des femmes marocaines, à travers la constitutionnalisation de la discrimination positive et l’adoption des lois d’accompagnement, telles la loi sur les partis politiques (article 22) et l’obligation d’instituer un quota de représentation des femmes au sein des structures partisanes dans les statuts et les règlements intérieurs des partis, sous peine d’amendes ou autres sanctions, telles que la réduction du soutien financier accordé aux partis.
De même, des critères de sélections sélection des candidates à la liste nationale devraient être adoptés au sein des partis. Ainsi, il est nécessaire de mettre en place une garantie constitutionnelle de sorte que les lois ordinaires viennent consacrer de telles garanties, à l’instar de la France qui a institué, dans l’article 3 de sa constitution de 1999 qui stipule l’égalité entre les deux sexes en matière d’accès au monde politique.
Pour rappel, certaines voix appellent à la mise en place de listes mixtes regroupant les femmes et les cadres et de hisser le quota de représentation à 60%, mais une question demeure soulevée sur les garanties dont devraient bénéficier les femmes, d’autant plus que l’expérience de la liste des femmes au Maroc demeure une expérience jeune qui n’a pas encore donné tous ses fruits au regard de la courte durée de sa mise en œuvre.
De plus, il est à signaler que le Maroc regorge de compétences féminines qui ne pourraient faire valoir leurs apports politiques que s’ils accèdent aux postes de prise de décision. Ainsi, tout le monde devrait s’engager dans la promotion de la femme marocaine pour qu’elle puisse intégrer la vie politique, en particulier les médias qui devraient refléter une image positive de la femme.



