M. Mohand Laenser, dans une interview spontanée avec le quotidien « Al-Haraka » :- Les déclarations des ministres sont un phénomène ordinaire et sain- Toute déclaration d’un ministre quelconque ne signifie pas l’existence d’un différend au sein du gouvernement dans son ensemble
M. Mohand Laenser, Secrétaire Général du Mouvement Populaire et ministre de l'Intérieur, a estimé que les déclarations de certains ministres, notamment ceux appartenant au Parti de la Justice et du Développement, sont un phénomène ordinaire et sain.
Dans un entretien téléphonique spontané avec le quotidien « Al-Haraka », M. Laenser a affirmé : « il est vrai qu'il peut y avoir des déclarations qui ne tiennent pas compte des contraintes de la mission assumée par tel ou tel autre ministre, mais ces déclarations traduisent en général une sorte d’ouverture sur l’opinion publique », ajoutant que les ministres communiquent avec leur environnement, chacun à sa manière, et exposent ainsi les grands traits de leur politique et leur manière de traiter les affaires du pays. Il s’agit d’un phénomène sain dans les pays les plus démocratiques.
Les déclarations contradictoires de certains ministres, notamment ceux appartenant au Parti de la Justice et du Développement, peuvent-elles être interprétées comme l’institution d’une nouvelle communication ou une manipulation politique ?
En effet, plusieurs lectures peuvent être données à ces déclarations, mais le plus important est qu’il y a une interaction entre les ministres et les médias en général. Les ministres communiquent avec leur environnement, chacun à sa manière, et exposent ainsi les grands traits de leur politique et leur manière de traiter les affaires du pays. Il s’agit d’un phénomène sain dans les pays les plus démocratiques.
Mais de nombreux observateurs estiment que ces déclarations contradictoires seraient de nature à révéler l’absence d’harmonie au sein du gouvernement ?
Au contraire, il ne s’agit pas de la présence ou de l’absence d'harmonie, ou d’un différend fondamental sur une question particulière. Toute déclaration d’un ministre quelconque ne signifie pas l’existence d'un différend au sein du gouvernement dans son ensemble. De ce point de vue, les interprétations devraient en principe percevoir ces déclarations comme révélatrices de la communication et de l’ouverture des ministres de l’actuel gouvernement sur les médias et l'opinion publique en général. Ce qui n’aurait pas été le cas auparavant, ou que cela existait mais dans d’une façon timide. Certes, il peut y avoir des déclarations qui ne tiennent pas compte des contraintes de la mission assumée par tel ou tel autre ministre, mais ces déclarations traduisent généralement une sorte d'ouverture sur l'opinion publique.
Pouvons-nous considérer que les déclarations des ministres appartenant au Parti de la Justice et du Développement, que certains qualifient d’« aléatoires », révèlent un manque d'expérience s’agissant d’assumer la responsabilité d’un portefeuille ministériel quelconque ?
Non, il ne s’agit pas d’un manque d'expérience, plus qu’il ne s’agit peur être d’un manque sur le plan de la manière d’exercice seulement.
Est-ce que cela révèle l'absence de communication entre les ministres formant le gouvernement, puisque chacun d’eux déclare ce qu’il souhaite ?
(Souriant) A mon avis, il s’agit d’une interprétation erronée de ces déclarations en général. Nous sommes en présence d’une coalition gouvernementale, composée de plusieurs partis politiques qui ont des points de vue différents. C’est un phénomène ordinaire et sain. Trois ou quatre parties dans un gouvernement quelconque ne peuvent pas avoir la même opinion ou la même évaluation d'un certain nombre de questions relatives aux affaires publiques. Le fait d’être en présence des points de vue différents ne signifie pas que le gouvernement a échoué ou échouera ou qu'il vit des différends permanents. Au contraire, on peut qualifier la performance du gouvernement, qui est à ses débuts, d’exceptionnelle. Le gouvernement est en phase de fondation selon une méthodologie qui donnera sans aucun doute ses fruits dans les jours à venir, d'autant plus qu'il existe une volonté de changement, de promotion de la bonne gouvernance, de la lutte contre l’économie de rente et de consécration de davantage d'intérêt aux catégories démunies, etc.
Le gouvernement poursuit à pas sûrs son chemin vers le succès. En dépit de l’exactitude ou de l’erreur que pourrait revêtir les actions du gouvernement et en dépit des critiques auxquelles fait face cette formation gouvernementale et des louanges dont elle jouit en même temps, la logique des choses fait qu’il est difficile aujourd'hui de procéder à une évaluation de la performance du gouvernement, que ce soit sur les plans de l’action, de l’harmonie ou de la communication et ce, tant que le contrat tacite qui lie ce gouvernement aux Marocains s’étend à cinq ans.
Ce nouveau mode de gouvernance doit être expliqué. Les citoyens doivent savoir en général que de telles déclarations constituent en soi un indicateur positif qui révèle que le gouvernement agit et interagit d'une manière ou d'une autre. Il y a l’avis et le contre-avis et il n'ya pas d’opinion seule et unique. Il n’y pas de place à l’immobilisme et au silence, mais le gouvernement est en continuelle interaction, qui pourrait être positive ou le contraire. Les jours à venir le révèleront.
Le fait que les ministres soient au préalable d'accord sur un dossier, je crois que cela peut être normal dans un gouvernement formé d’un seul et unique parti, à l’instar des gouvernements formés en France, par exemple. La situation est différente s’agissant des gouvernements formés de plusieurs partis. Il est évident qu’il y aurait des opinions et des contre-opinions. Mais, ce qui est le plus important qui reste à relever est que depuis son investiture parlementaire, ce gouvernement a présenté un programme gouvernemental ambitieux, qui vise la mise en application démocratique de la nouvelle constitution et la réalisation d’un développement économique et social et qui a trouvé son écho dans le projet de loi de finances qui constitue l’une des pierres angulaires de cette réforme. Cela non pas seulement parce ce programme a été porté par des dimensions politiques, la phase historique et les pas géants parcours par le Maroc sur la voie du développement démocratique, mais aussi parce que ce programme est le produit d’un gouvernement sur lequel ont été portés les espoirs de larges catégories des composantes de la société, des différents catégories et classes sociales et des acteurs économiques et sociaux, que ce soit à l'intérieur du Maroc ou l’étranger.



