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Ouzzine : L’administrateur demeure le maillon faible dans la fonction publique

Sentissi critique le gouvernement qui a épuisé la moitié de son mandat sans honorer ses généreuses promesses

Saliha Boujraf

Les participants au séminaire organisé par le parti du Mouvement Populaire en partenariat avec le Groupe Haraki à la Chambre des Représentants, sous le thème « La situation juridique de l’administrateur : entre les statuts de la fonction publique et les transformations économiques et sociales », ont été unanimes à souligner que la réalité du corps des administrateurs ne tolère plus le silence, la complaisance ou l’ignorance, appelant le gouvernement à rendre justice aux administrateurs et à se réconcilier avec eux, car ce sont des cadres administratifs qui exercent des fonctions et des missions ardues au sein des établissements publics et des structures de l’administration marocaine.

Les participants à ce séminaire organisé hier mercredi à la Chambre des Représentants, dont des hommes politiques, des universitaires et des chercheurs, ont mis l’accent sur la nécessité d’intervenir pour réviser les dispositions du statut particulier des administrateurs de manière à répondre à leurs ambitions et aspirations légitimes minimales.

A cet égard, M. Driss Sentissi, Président du Groupe Haraki à la Chambre des Représentants, a affirmé, dans une allocution prononcée à cette occasion, que ce séminaire, qui se tient entre les deux sessions du Parlement, reflète le grand intérêt qu’accorde le parti du Mouvement Populaire et ses deux groupes au Parlement aux questions sociétales, soulignant la disponibilité du Groupe Haraki à défendre le dossier du dossier du corps des administrateurs, ainsi que les dossiers d’autres corps.

Sentissi, qui a rappelé que le parti du Mouvement Populaire et le Groupe Haraki à la Chambre des Représentants avaient rencontré auparavant des représentants des corps des médecins, des avocats et autres, n’a pas manqué d’adresser de nombreux messages et critiques au gouvernement qui a épuisé la moitié de son mandat sans honorer ses obligations et ses généreuses promesses, s’interrogeant sur le sort de nombreux dossiers brûlants auxquels le gouvernement aurait dû s’intéresser et indiquant que le gouvernement avait précédemment annoncé qu’il consacrerait le restant de son mandat à l’emploi même s’il n’a rien réalisé dans ce domaine, si ce ne sont certains programmes qui n’ont pas atteint les objectifs escomptés, tels « Awrach » et « Forsa ».

Sentissi a ajouté qu’il ne fait aucun doute que le débat d’aujourd’hui aboutira à un ensemble de recommandations dont le but est de rendre justice à la catégorie des administrateurs et ce, conformément aux rôles que cette catégorie assume au sein des administrations et des établissements publics.

Pour sa part, M. Mohamed Ouzzine, Secrétaire général du parti du Mouvement Populaire, a affirmé que plaider en faveur de l’amélioration de la situation détériorée des administrateurs est en soi un rejet de la détérioration des conditions économiques et sociales de plusieurs catégories de la société qui étaient classées parmi la classe moyenne.

Ouzzine a qualifié l’administrateur de « dynamo de l’administration » en raison des services essentiels qu’il consent afin de promouvoir et de développer la performance des administrations et des établissements publics, précisant toutefois que malgré la nature des missions confiées à la plupart des administrateurs dans les administrations, cette catégorie demeure le maillon le plus faible au vu des droits qui lui sont reconnus dans la fonction publique.

Par ailleurs, M. Ouzzine a affirmé « aujourd’hui, nous discutons de la réalité des administrateurs et je suis un administrateur et indépendamment des positions passagères, c’est mon point de départ et de retour. Ce qui me vient à l’esprit c’est la réalité de la classe moyenne qui a chuté vers le bas en raison des conditions de vie actuelles ; laquelle classe moyenne comprend une large catégorie de fonctionnaires et constitue le maillon le plus faible dans la société ».

Ouzzine a noté que cette catégorie de fonctionnaires souffre d’injustice matérielle et morale, soulignant que l’administrateur s’acquitte de lourdes missions administratives alors que leurs fruits sont souvent cueillis par son supérieur hiérarchique, ce qui constitue une injustice et une iniquité à l’égard des administrateurs qui supportent de nombreuses charges sans toutefois être valorisés sur les plans moral et matériel.

Ouzzine a également évoqué l’importance de l’actualisation du statut particulier du corps des administrateurs de manière à prendre en considération la nature de leurs missions et les contraintes auxquelles ils font face dans leur parcours administratif.

Ouzzine a souligné que les administrateurs dans les différents établissements publics et administrations souffrent d’une grande injustice au regard de leur situation administrative et matérielle, à cause de la politique de discrimination et des deux poids deux mesures adoptée à leur encontre malgré leurs contributions à la mise en œuvre des politiques publiques dans tous les secteurs.

De son côté, Mme Fatima Benadi, Présidente de l’Union Nationale des Administrateurs Marocains, a dénoncé la politique de la sourde oreille adoptée à l’égard des revendications légitimes des administrateurs, mettant en avant plusieurs dysfonctionnements dont ils souffrent, notamment sur le plan de la justice salariale.

Mme Benadi, qui a abordé le thème de « L’inertie législative du statut général de la fonction publique et ses répercussions sur les statuts professionnels : cas du corps des administrateurs », a noté que cette catégorie vit « le mépris », car au moment où le gouvernement interagit avec les revendications de nombreuses parties, il a abandonné la catégorie des administrateurs qui souffrent la marginalisation, l’exclusion, voire le gel de leurs salaires depuis plus de 20 ans.

Pour rappel, le séminaire a abordé d’autres axes, à savoir « Quelle équité pour les administrateurs à la lumière de l’ampleur de leurs missions ? », « La réhabilitation de l’administrateur, porte d’entrée essentielle pour le développement du dispositif administratif marocain », « La position de l’administrateur dans la structure de l’administration publique : une approche psychologique », « Le système de promotion des administrateurs : une étude comparative » et « Une analyse des enjeux mutuels entre l’Etat et les administrateurs ».

Le séminaire a clôturé ses travaux en soulignant la nécessité d’accélérer la régularisation de la situation des administrateurs conformément au principe d’égalité entre les fonctionnaires dans la fonction publique en termes de droits et de devoirs, garanti par la Constitution du Royaume.

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