Dans une intervention au nom du Groupe Haraki à la Chambre des Représentants sur « la réforme du système éducatif » ; Mme El Hatimi souligne :

– La situation de l’enseignement est devenue désastreuse suite à la succession de politiques et de réformes improvisées qui se sont soldéespar l’échec
– L’enseignementdoit être considéré comme une question sociétale qui transcende les conjonctures électorales et les surenchères politiques
– La gratuité de l’enseignement est une ligne rouge
Le Groupe Haraki à la Chambre des Représentants a qualifié, lundi dernier à Rabat, la situation de l’enseignement dans notre pays de « désastreuse », affirmant que « la situation de l’enseignement est devenue désastreuse en raison de la succession de politiques éducatives et de réformes improvisées qui se sont soldées par l’échec.
Mme Ghita Hatami, membres du Groupe Haraki à la Chambre des Représentants, a ajouté que « notre enseignements’est perdu entre des réformes lentes et d’autres qui ont été précipitées »
Mme El Hatimi a précisé, dans une intervention au nom du Groupe Haraki à la Chambre des Représentants lors de la séance des questions orales mensuelles adressées au Chef du gouvernement qui a été consacrée au thème « la réforme du système éducatif dans notre pays », que « la plupart des réformes ont abordé le système éducatif en tant qu’unité séparée et isolée des développements sociaux, économiques et culturels qu’a connus notre pays, sans tenir compte des influences internationales sur nos valeurs et nos principes », ajoutant que « la politisation de ce systèmen’a fait qu’empirer la situation, à travers les tentatives de rupture avec la langue de la puissance colonialeau niveau descycles d’enseignement primaire etsecondaire ce qui a laissé les élèves à l’abandon lorsqu’ilsobtiennentleurbaccalauréat, la suppression de l’enseignement de la philosophie comme entrée versl’ouverture surl’opinion des autres et tant d’autres décisions qui se sont soldées par l’échec.
Par ailleurs, Mme El Hatimi a souligné que le Groupe Haraki à la Chambre des Représentants considère que lagratuité de l’enseignementest une ligne rouge et exprime sa grande réserve par rapport à l’article 45 du projet de loi n° 17-51, qui proposel’institution, dans une première phase, de droits d’inscription dans les établissements d’enseignement supérieur pour les étudiants issus des familles aisées à un stade préliminaire, affirmant « nous ne pouvons pas accepter des frais d’inscription dans l’enseignement supérieur qui pourraient atteindre 20.000 DH ».
Rappelant l’adage « la science serait perdue sans les enfants des démunis », Mme El Hatimi a souligné que l’acceptation de frais d’inscriptionau motif qu’ils cibleront les familles aisées est irrecevable, s’interrogeant à cet égard sur les critères d’identification de ces familles aisées, d’autant plus que de nombreux expériences précédentes, telles celles relatives aux subventions ou au Ramed, ont révélé que ce sont les riches qui profitent, alors que les démunis et ceux qui ontun revenu moyen sont marginalisés.
D’autre part, Mme El Hatimi a également critiqué le système de recrutement par contrats, affirmant à cet égard que « le recrutement par contrats acertes redonné l’espoir de pallier le déficit en ressources humaines dont souffre le secteur et d’absorberle chômage, mais cette alternative s’avèretronquée eu égard à la courte période de formation et de qualification des enseignants, qui ne permet pas de rehausser la qualité de l’enseignement.
Mme El Hatimi a également relevéque les enseignants contractuels ne disposent d’aucune garantie par rapport à la pérennité de leurs emplois pendant plusieurs années, comme en témoignent les cas de résiliation de contrats dont ont été victimes unenseignant à Ouarzazate et une enseignante à Rabat. Elle s’est interrogée dans ce sens « comment améliorer l’enseignement avec des enseignants qui exercent dans un système flou ».
D’autre part, Mme El Hatimia souligné que la réforme du système éducatif et l’amélioration desa qualité passent par l’engagement de projets avec des objectifs précis, portant notamment surl’aménagementd’espaces suffisants pour accueillir les élèvesmoyennant des travaux de construction, de réparation et d’équipement, l’amélioration des compétenceséducatives et manageriellesà travers la formation d’excellents cadres qualifiés à même d’assurer la performance éducative et la qualité d’enseignement et la garantie de la forte affluence des élèves vers les écoles dans unclimat éducatif et stable afin d’éliminer l’analphabétisme et de réduire l’abandon scolaire.
Mme El Hatimi a précisé, dans ce sens, que la réalisation de ces objectifs requierten particulier de rompre avec la mentalité de la gestion centrale et ce, à la lumière du rôle qui devrait incomber aux Académies régionales d’éducation et de formation (AREF) en tant qu’établissements publics dans le cadre de la régionalisation avancée tel que stipulé par la Constitution, du renforcement des rôles des instances élues (conseils régionaux, les conseils de préfectures et de provinces et les conseillers communaux) en matière d’appui de l’enseignement et du renouvellement des cursus et des programmes.
Mme El Hatimi a appelé à considérer l’enseignement comme une question sociétalequi transcende lesconjoncturesélectoraleset les surenchères politiques, soulignant que la véritable réforme du système éducatif demeure tributairede la réhabilitation del’école publique et del’enseignant en respectantsa dignité et en lui assurant la stabilité.
Mme El Hatimi a plaidé aussi pour l’adoption de cursus qui qualifient les élèves et leur font acquérir la capacité d’analyserde manière rationnelle et de faire face aux problèmes et aux crises,tout en veillant à corréler la planification scolaireaux autresstratégies de développement socialselon une visionglobale, à accorder davantage d’intérêt à la formation et l’encadrement età accompagner les nouveaux développements scientifiques et technologiques.



