Frère Ouzzine, s’adressant au ministre Ouahbi : « J’espère que votre maîtrise de la langue amazighe soit à la hauteur de votre connaissance des couleurs des chaussettes des Marocains»

Saliha Boujraf
M. Mohamed Ouzzine, membre du Groupe Haraki à la Chambre des Représentants, a vivement critiqué le ministre de la Justice, M. Abdellatif Ouahbi, à cause de son refus de répondre à une question posée en langue amazighe par le Groupe Haraki sous prétexte qu’il n’a pas compris cette question et qu’il ne comprend que le « dialecte soussi » et un peu moins le « dialecte Tarifit » en raison des origines de sa mère et qu’il est en train d’apprendre le « fassi » en raison des origines de sa femme.
M. Ouzzine a considéré que la requête du ministre de traduire la question posée dans la langue officielle du pays, la langue amazighe, constitue une insulte à l’endroit de l’identité et du document constitutionnel approuvé par les Marocains, étant donné que la langue amazighe est une langue officielle du Royaume aux côtés de la langue arabe.
Commentant la réponse du ministre lors de la séance hebdomadaire des questions orales à la Chambre des Représentants, ce lundi, M. Ouzzine a affirmé « nous nous félicitons, aujourd’hui, que vous avez ressenti la souffrance des Amazighs qui ne comprennent pas ce que nous disons sous cette respectable coupole ».
M. Ouzzine a ajouté « mais, j’espère que Monsieur le ministre, mon cher ami et frère Ouahbi, qui nous a annoncé qu’il connaissait les couleurs des chaussettes des Marocains, maîtrise aussi la langue officielle de son pays ».
Pour sa part, M. Driss Sentissi, Président du Groupe Haraki à la Chambre des Représentants, a souligné, dans un commentaire supplémentaire, que la question de la langue amazighe est nationale et qu’il ne doit pas être l’objet d’un débat puisqu’elle a été tranchée par la Constitution, qui l’a instituée comme langue officielle aux côtés de la langue arabe.
Le Président du Groupe Haraki à la Chambre des Représentants a ajouté « nous avons déjà demandé la traduction pour que tous les Marocains comprennent tout ce qui se dit au Parlement, d’autant plus que rien n’empêche cela puisque la Société Nationale de Radiodiffusion et de Télévision (SNRT) dispose d’une chaîne amazighe qui peut assurer la traduction ».
M. Sentissi a conclu son intervention en soulignant également que « rien n’empêche de poser la question en langue amazighe ».
Il est à noter que la question posée par Mme Zineb Amahrouk, membre du Groupe Haraki à la Chambre des Représentants, ramène les Marocains aux années où sa mère, Mme Halima Assali, leader harakie et députée parlementaire, avait posé à plusieurs reprises des questions en langue amazighe avant même sa constitutionnalisation.
Il est à noter que la question posée par le Groupe Haraki a porté sur « l’amélioration des services et des conditions d’accueil dans les tribunaux ».



