M. Sentissi appelle le gouvernement à trouver des solutions efficaces et réalistes pour soutenir les petits agriculteurs

90% des puits ont été creusés sans autorisation et s’ils sont fermés, d’où s’abreuverait la population ?
Le ministre de l’Agriculture souligne que la saison agricole actuelle enregistre un déficit pluviométrique
Le Mouvement Populaire appelle à la révision de la loi de finances 2022 et le gouvernement répond « il très prématuré de parler d’une loi de finances rectificative »
Saliha Boujraf
M. Driss Sentissi, Président du Groupe Haraki à la Chambre des Représentants, a mis l’accent sur la nécessité de trouver des solutions efficaces et réalistes pour soutenir une large frange de petits agriculteurs affectés par les effets de la sécheresse.
Intervenant lors de la réunion de la Commission des secteurs productifs, qui a été consacrée à la discussion du thème “la saison agricole actuelle et les mesures prises pour atténuer les effets du retard des précipitations pluviométriques”, en présence du ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, M. Mohamed Sadiki, tenue hier mercredi à la Chambre des Représentants, M. Sentissi a réaffirmé que le Mouvement Populaire se félicite de la Décision Royale appelant à l’élaboration d’un programme d’urgence pour atténuer les effets de la sécheresse et de la crise hydrique due à un déficit pluviométrique.
Par ailleurs, M. Sentissi a souligné la nécessité d’adopter une stratégie réaliste de nature à atténuer les répercussions de la sécheresse et protéger le pouvoir d’achat des citoyens, affirmant « nous comprenons le refus du gouvernement de procéder à une révision de la loi de finances, mais il doit prendre en compte la nécessité d’atténuer d’urgence les effets de la sécheresse sur les petits agriculteurs, affectés par les effets de la pandémie du Coronavirus pendant plus de deux ans, de la sécheresse et de la crise hydrique à cause du déficit pluviométrique ».
Le Président du Groupe Haraki à la Chambre des Représentants a appelé à soutenir en temps opportun les petits agriculteurs, précisant « il faut soutenir les petits agriculteurs et ce soutien devrait leur parvenir en temps opportun, en particulier les fourrages et les engrais. Sinon, nous serons privés de lait, alors que nous sommes à la veille du mois de Ramadan, caractérisé par la hausse de la consommation de cette denrée alimentaire de base ».
M. Sentissi a également critiqué la politique de fermeture des puits et forages hydriques réalisés au prétexte qu’ils constituent un grand danger pour la sécurité publique, affirmant que « 90% des puits ont été creusés sans autorisation » et s’interrogeant « s’ils sont fermés, d’où s’abreuverait les populations ? ».
Pour sa part, le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, M. Mohamed Sadiki, a rappelé qu’au vu des précipitations pluviométriques enregistrées jusqu’au 21 février courant, la saison agricole actuelle enregistre un déficit pluviométrique de 69% par rapport à une saison moyenne et de 64% par rapport à la saison précédente.
Le responsable gouvernemental a rappelé les objectifs du programme d’atténuation des effets du déficit pluviométrique, qui fournira le soutien nécessaire aux éleveurs et aux agriculteurs afin de faire face aux effets du retard des précipitations pluviométriques sur les différentes composantes du secteur agricole.
Le ministre a passé en revue les trois axes de ce programme, à savoir la préservation des ressources animales et végétales, la gestion de la rareté de l’eau, l’assurance agricole et l’accompagnement financier des agriculteurs et des professionnels pour faire face à cette situation d’urgence et se préparer à la saison des cultures de printemps et à la prochaine saison agricole, affirmant que ce programme exceptionnel, auquel a été allouée une enveloppe financière totale de 10 milliards de DH, sera déployé dans toutes les régions en fonction des besoins de chaque région.
Il convient de noter que le parti du Mouvement Populaire avait appelé le gouvernement à la nécessité d’accélérer la révision de la loi de finances en vue de reconsidérer ses objectifs et ses choix sociaux, économiques et territoriaux qui ne sont plus d’actualité en raison des derniers développements de la situation actuelle due à la sécheresse.
Le parti avait également appelé les deux Groupes Harakis au Parlement à demander d’urgence la tenue d’une session extraordinaire du Parlement afin d’examiner un projet de loi de finances rectificative.
Toutefois, la réponse du gouvernement a été exprimée par M. Faouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget, hier mercredi, lorsqu’il a souligné que le gouvernement ne compte pas du tout recourir à une loi de finances rectificative en affirmant « il est très prématuré de parler, en février, d’une loi de finances rectificative ».



