Activités parlementaires

N’ayant pas été d’un soutien pour les Marocains face à la hausse des prix de la rareté de l’eau :

M. Sbaîi appelle le gouvernement à remédier aux dysfonctionnements accumulés du Plan Maroc Vert

Il a appelé à augmenter les investissements consacrés aux développement et à l’utilisation des ressources en eau alternatives et à la solidarité entre les régions pour atténuer la crise de la soif

Saliha Boujraf

Le Groupe Haraki à la Chambre des Conseillers a appelé le gouvernement à accélérer la cadence des investissements consacrés au développement et à l’utilisation des ressources en eau alternatives et à chercher des solutions efficientes et urgentes pour les villes et les villages qui souffrent d’une pénurie aigue d’eau potable.

Commentant une réponse du ministre de l’Equipement et de l’Eau, M. Nizar Baraka, lors de la séance des questions orales tenue mardi dernier à la Chambre des Conseillers, M. Mbarek Sbaîi, Président du Groupe Haraki à la Chambre des Conseillers, a souligné, à cet égard, que le gouvernement est tenu de sécuriser un stock stratégique du Royaume en eau, en redoublant ses efforts pour mettre en œuvre les chantiers de construction de grands et moyens barrages, en élargissant la base des barrages collinaires et en élaborant une politique visant à protéger les nappes phréatiques et les eaux de surface du tarissement à travers une réorientation des cultures en fonction des caractéristiques naturelles et hydriques, régionales et locales.

M. Sbaîi a également mis l’accent sur la nécessité d’œuvrer en urgence pour remédier aux dysfonctionnements du Plan Maroc Vert accumulés depuis 15 ans, qui, outre son coût financier, a eu un coût hydrique démesuré en raison des ressources en eau allouées aux cultures destinées dans leur majorité à l’exportation, sans pour autant garantir le seuil minimum d’autosuffisance et de sécurité alimentaire aux Marocains, en particulier à la lumière de la flambée des prix et de la pénurie d’eau qui ont alourdi le fardeau des familles marocaines.

Le Président du Groupe Haraki à la Chambre des Conseillers a souligné qu’en dépit du volume des investissements mobilisés dans le cadre du programme national d’approvisionnement en eau potable du monde rural, l’Office National de l’Electricité et de l’Eau Potable (ONEE) a récemment reconnu son incapacité à approvisionner environ 54 villes et centres en eau potable durant l’été 2022. En effet, plusieurs villes et villages enregistrent des coupures d’approvisionnement en eau potable, ce qui présage une crise de soif durant cet été.

M. Sbaîi a ajouté que cette situation nécessite d’accélérer la cadence des investissements dans le développement et l’utilisation des ressources en eau alternatives, telles que le dessalement de l’eau de mer, et de renforcer le partenariat avec les collectivités territoriales pour trouver des solutions efficientes et urgentes pour les villes et les villages qui souffrent d’un pénurie aiguë d’eau potable.

M. Sbaîi a indiqué que cette situation requiert aussi de faire prévaloir la solidarité hydrique entre les régions afin de relever le défi de l’équité hydrique sur les plans territorial et social, car il est déraisonnable que les zones montagneuses, qui constituent des sources d’eau et d’irrigation pour les plaines et les villes, vivent sous l’emprise de la soif et sous la menace d’une migration forcée.

M. Sbaîi n’a pas manqué de rappeler les résultats de plusieurs études et rapports nationaux, notamment le dernier rapport de la Cour des Comptes, qui ont annoncé la détérioration progressive de la situation hydrique au Maroc à l’horizon de l’année 2050 pour atteindre le seuil de la pénurie absolue de 500 mètres cubes par habitant et par an, notant que  cette situation tire la sonnette d’alarme et requiert la prise de mesures immédiates et urgentes pour atténuer les effets de cette crise, désormais structurelle, notamment dans le régions de l’Oriental et du Sud-Est, voire menace les grandes villes, comme Casablanca et Safi.

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