M. Drissi interpelle le gouvernement au sujet du sort de ses promesses électoralistes au regard du contenu du dialogue social

Il s’est interrogé sur les raisons de l’absence de réformes fondamentales, telles la réforme du système de rémunération, du système fiscal et des régimes de retraites
Saliha Boujraf
M. Abderrahman Drissi, membre du Groupe Haraki à la Chambre des Conseillers, a critiqué les résultats du dialogue social, notant qu’ils ne sont pas à la hauteur des attentes des Marocains.
Commentant la réponse du Ministre de l’Inclusion Economique, de la Petite Entreprise, de l’Emploi et des Compétences, M. Younes Sekkouri, à une question sur « les résultats du dialogue social » posée mardi dernier par le Groupe Haraki à la Chambre des Conseillers lors de la séance des questions orales, M. Drissi s’est interrogé sur le sort des promesses électoralistes des partis représentés au gouvernement, à la lumière du contenu de l’accord signé le 30 avril 2022, telles l’augmentation des salaires des enseignants, l’octroi d’une aide directe aux familles démunies, le soutien aux personnes âgées, la carte Riâaya, etc.
M. Drissi a affirmé, à cet égard, « ce sont des promesses que nous espérons sincèrement qu’elles soient tenues en vue de soutenir la crédibilité des institutions élues et de consacrer la logique des urnes que le gouvernement ne cesse d’avancer tout le temps ».
Le conseiller parlementaire haraki s’est également interrogé sur les raisons de l’absence de réformes fondamentales, telles que la réforme du système de rémunération et la réduction de l’écart criant entre le plafond des salaires et le seuil minimum, ainsi que sur l’absence de la réforme du système fiscal et le mutisme concernant les questions de la révision globale du statut général de la fonction publique et du recrutement public régional en lien avec le dossier de la contractualisation.
M. Drissi s’est interrogé de même sur l’absence d’une interaction positive du gouvernement avec les revendications essentielles de tous les salariés et fonctionnaires, relatives notamment à l’augmentation des salaires, la réduction de l’impôt sur le revenu ou du moins l’annonce d’un engagement formel et d’une date précise pour l’entrée en vigueur de cette réduction au lieu de l’hypothéquer par un nouveau round de dialogue social dans un avenir proche dont la réussite n’est pas garantie, d’autant plus que l’accord actuel couvre la période 2022-2024.
M. Drissi a poursuivi que les résultats de cet accord, malgré l’importance de certaines de ses clauses, demeurent à caractère catégoriel et ne revêtent pas un caractère global, à la lumière notamment des préjudices subis par différentes catégories de la société à causes des répercussions de la hausse sans précédent des prix des hydrocarbures, des denrées alimentaires et des divers services de base.
M. Drissi a relevé l’absence de toute référence à la situation de la classe moyenne qui constitue l’épine dorsale des équilibres sociaux et politiques et l’absence de toute indication en faveur des retraités à faibles revenus adhérents à la Caisse Marocaine de Retraite « Régime des Pensions Civiles », étant la base la plus nombreuse qui ne dispose pas d’un interlocuteur officiel et d’un porte-parole.
M. Drissi n’a pas manqué de s’interroger sur les acquis réalisés en faveur des agriculteurs et des populations des zones rurales et montagneuses et de l’enjeu de l’équité territoriale et de la dimension territoriale à la lumière de l’option de régionalisation avancée, relevant un étrange paradoxe consistant en le fait que le salaire minimum dans le secteur public dépasse celui pratiqué dans le secteur privé, la non-précision des modalités de mise en œuvre du soutien promis aux employeurs de travailleuses et de travailleurs domestiques, ainsi que le mutisme au sujet du format, de l’agenda de ce soutien et de son montant.
M. Drissi a conclu son intervention en rappelant que l’institutionnalisation du dialogue social et des questions de législation nécessite d’élargir sa composition et de développer ses champs d’intervention pour inclure, en plus de l’approche matérielle, les questions de développement social et les politiques économiques et sociales en lien avec les salariés et les non-salariés, en plus de la nécessité d’associer et de renforcer le rôle de la Chambre des Conseillers et du Conseil économique, social et environnemental.



