Activités parlementaires

M. Sbaîi : Le « gouvernement Akhannouch » travaille sans boussole ni plan législatif

Il a exprimé son étonnement quant à la rétraction du gouvernement sur la loi-cadre relative au système d’éducation, de formation et de recherche scientifique et a appelé à ce que le système d’éducation et de formation soit loin des calculs politiciens étriqués

Saliha Boujraf

Le Groupe Haraki à la Chambre des Conseillers s’est dit étonné du mutisme incompréhensible du gouvernement au sujet de la loi-cadre relative au système d’éducation, de formation et de recherche scientifique, qui est venue traduire la vision stratégique de réforme du système d’éducation et de formation dans ses différents niveaux et domaines, qui a été encadrée par les Hautes Orientations Royales et qui a été unanimement approuvée par les composantes de l’institution législative et les différents acteurs du système, notant que l’actuel gouvernement travaille jusqu’à présent sans boussole ni plan législatif.

Commentant la réponse du ministre de l’Education nationale, du Préscolaire et des Sports, M. Chakib Benmoussa, à une question orale sur « le sort de la loi-cadre relative au système d’éducation, de formation et de recherche scientifique », posée par le Groupe Haraki, mardi dernier lors de la séance hebdomadaire des questions orales à la Chambre des Conseillers, M. Mbarek Sbaîi, conseiller parlementaire haraki, a affirmé, à cet égard, « si le gouvernement n’est pas d’accord avec notre avis sur la question, alors où en sont ses démarches concrètes pour parachever la mise en œuvre de ce cadre législatif référentiel, ( ..) et qu’est-ce qui justifie le lancement de nouvelles consultations au sujet de la réforme de l’école marocaine et l’organisation de débats régionaux au niveau de l’enseignement supérieur, au regard de la présence d’une vision stratégique, d’une loi-cadre et d’un ensemble d’études et de rapports réalisés par le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique ». Il s’est interrogé sur l’agenda prévu pour activer les dispositions de cette loi stratégique sans précédent dans l’histoire de l’éducation dans le Royaume.

M. Sbaîi s’est également interrogé au sujet des décrets d’application prévus par la loi-cadre, ainsi que sur la révision des lois ayant un lien avec le système et ses différents départements et institutions, critiquant la rétraction de l’actuel gouvernement sur une série de choix et d’engagements antérieurs, notamment en relation avec la mise en œuvre de cette loi-cadre et la création de plusieurs facultés programmées, ainsi que le retard accusé par le gouvernement pour honorer ses promesses électorales à l’égard des enseignants. Il s’est interrogé sur l’horizon alternatif dont les bases seraient jetées par un gouvernement qui ne communique pas, ne prend pas d’initiative et ne décide pas.

Le conseiller parlementaire haraki a conclu son intervention en rappelant au gouvernement les Hautes Orientations Royales appelant à préserver le système d’éducation et de formation loin des calculs politiciens étriqués, et à ne pas rendre le dossier de la réforme de l’éducation tributaire de la succession et du changement des gouvernements.

Il convient de noter que le parti du Mouvement Populaire avait précédemment exprimé son grand étonnement face à la rétraction du « gouvernement Akhannouch » sur une série de programmes de réforme majeurs qui avaient été engagés dans certains secteurs sous l’ère du gouvernement précédent, en référence au « gouvernement El Otmani » dont faisait partie le Mouvement Populaire, dénonçant la rétraction injustifiée sur des réformes engagées dans le système d’éducation et de formation, et en particulier le secteur de l’enseignement supérieur, qualifiant la rétraction sur ces réformes de « régression » incompréhensible et d’atteinte flagrante au principe de continuité des politiques de l’Etat loin des calculs politiciens étriqués.

Dans ce sens, le parti du Mouvement Populaire a appelé le gouvernement à veiller à ce que les départements gouvernementaux s’engagent à mettre en œuvre les contrats et conventions précédemment signés avec les conseils des collectivités territoriales et autres parties, en particulier ceux qui concernent la création d’établissements universitaires dans les différentes régions du Royaume et ce, dans le respect du principe de continuité dans le domaine des stratégies de réforme de l’Etat.

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