M. Ouzzine: Les décisions du gouvernement sont guidées par «les caprices et la fuite en avant» Au lieu d’adopter une approche holistique pour promouvoir les médias, il a opté pour une approche sélective

Saliha Boujraf
M. Mohamed Ouzzine, membre de l’équipe du Groupe Haraki à la Chambre des Représentants, a critiqué les décisions hâtives et sélectives du gouvernement, affirmant, à cet égard, « malheureusement, les décisions du gouvernement sont guidées par les caprices et la fuite en avant, ou le souhait de régler des choses en les ignorant ».
Commentant la réponse de la ministre de l’Economie et des Finances, Mme Nadia Fettah Alaoui, à une question relative à « l’exclusion d’un groupe de journaux papier et électroniques de la publication des annonces légales », présentée par le Groupe Haraki lors de la séance des questions orales, ce lundi à la Chambre des Représentants, M. Ouzzine a ajouté que « le gouvernement, au lieu d’adopter une approche holistique pour promouvoir les entreprises de médias, a adopté une approche sélective et non fondée sur des critères précis ».
M. Ouzzine, qui est également 4ème Vice-président de la Chambre des Représentants, a précisé que « le ministère concerné aurait dû au moins lancer un appel d’offres, mais dire que les journaux autorisés à publier les annonces légales avaient une vocation financière n’est pas convaincant ».
S’adressant à la ministre de l’Economie et des Finances, M. Ouzzine lui a assuré « votre réponse n’est pas convaincante, Madame la ministre », considérant que les décisions du gouvernement sont anachroniques médiatiquement et affirmant, à cet égard, que « la montagne a accouché d’une souris, ou comme l’adage marocain précise le Fqih Dahmane a lu la lettre sept jours durant, et a prétexté finalement que l’écriture était illisible ».
Par ailleurs, M. Ouzzine a poursuivi que « les médias sont le maillon faible du nouveau modèle de développement et sont des partenaires clés dans la mise en œuvre de ce modèle. Au lieu d’adopter une politique de communication, le gouvernement a opté pour la rupture. Au lieu d’engager un plan global pour inciter les médias et créer un véritable espace de débat public pour promouvoir les entreprises médiatiques, le gouvernement a adopté la politique de donner à celui-ci et d’exclure l’autre, sans que cette décision soit basée sur un fondement légal et ou des critères précis, ou qu’elle soit au moins le résultat d’un appel d’offres lancé ».
Pour sa part, la ministre de l’Economie et des Finances a affirmé, dans la réponse apportée à la question, que l’arrêté édicté n’exclut pas les journaux nationaux de la publication des annonces dans les journaux papier et électroniques, comme cela a été interprété, mais a plutôt focalisé sur les journaux ayant une vocation financière et économique », précisant « pour dissiper toute confusion, il s’agit, tout simplement, d’annonces à caractère financier et économique, liées principalement à l’activité du marché des capitaux. Il ne s’agit pas des autres annonces administratives et judiciaires et ce, conformément aux dispositions de la loi n° 12-44 ».
La ministre a ajouté « il faudrait souligner que l’objectif de la définition de la liste des journaux concernés est d’assurer une publication adéquate d’informations à caractère financier ou économique qui permet aux épargnants et aux actionnaires de consulter ces informations via des publications qualifiées par l’administration », notant que « cette liste concerne la publication d’informations relatives au domaine financier et principalement à l’activité du marché des capitaux et ce, à l’instar de la liste exhaustive qui comprend les journaux autorisés à publier des informations relatives aux annonces judiciaires et administratives en vertu d’autres lois ».
La ministre a assuré, dans ce sens, « il n’y a aucun acharnement ni aucune exclusion d’aucun média national », annonçant qu’un dialogue a été ouvert à cet égard avec les instances concernées dans la perspect ive d’améliorer cette procédure, en tenant compte du respect des principes d’égalité des chances entre tous.
Cependant, il semble que la ministre Nadia Fettah Alaoui, qui a édicté l’arrêté n° 3109.21 publié au Bulletin officiel n° 7048, fixant la liste des journaux et des sites d’information électroniques autorisés à publier des annonces légales, semble ignorer ou feint d’ignorer que des journaux papier, tels que « AlAlam », « Al Ittihad Al Ichtiraqui », « Rissalat Al Oumma », « Bayane Al Yaoum », « Al Bayane », « Libération » et « L’Opinion », qui ont bénéficié du généreux soutien de la ministre, sont des journaux partisans, c’est-à-dire des porte-paroles de partis politiques nationaux, et non des journaux à vocation économique comme le prétend la ministre.



