La femme marocaine… acquis, ambitions et contraintes
Par Khadija Lamrabat Oum Bachaïr (*)
La Journée internationale de la femme constitue une occasion annuelle pour que la femme marocaine évalue les acquis qu’elle a réalisés durant les deux dernières décennies dans le domaine des droits de la femme, à savoir notamment la loi sur la nationalité, le Code de la famille, la levée des réserves sur toutes les formes de discrimination à l’égard de la femme, ainsi que la position de choix que lui a reconnu la nouvelle constitution marocaine. En effet, cette constitution constitue une importante locomotive s’agissant de la consolidation de la démocratie et des principes des droits de l’homme dans leur globalité et de la consécration des principes d’égalité, de parité, de justice sociale et d’égalité des chances entre les deux sexes.
La femme marocaine a accompli d’importants progrès en décrochant ses droits politiques, sociaux et économiques, allant du revenu, de la santé et de l’éducation et arrivant à la participation à la prise des décisions.
Aujourd’hui, de nombreuses figures féminines ont brillé sur la scène nationale, dont des ministres, des ambassadeurs, des walis, des gouverneurs, la présidente de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc et des femmes qui exercent dans tous les domaines (ingénieurs, pilotes d’avions, chercheurs…). Mais, en dépit de ce plein essor, de grands doutes planent sur les possibilités offertes à la femme pour s’impliquer en tant qu’acteur économique dans le processus de réforme visant la mise à niveau de l’économie et le renforcement de son tissu entrepreneurial.
A titre d’exemple, la femme entrepreneur souffre encore de plusieurs contraintes et défis pour s’auto-affirmer d’abord dans une société machiste et demeure soumise aux influences de son entourage familial. Alors qu’elle n’a pas encore dépassé la première contrainte, elle se trouve devant d’autres entraves pour garantir que ses entreprises bénéficient des sources de financement, accèdent aux marchés et tirent profit des offres fournies par l’Etat aux entreprises, ainsi que pour être qualifiée grâce à des sessions de formation, eu égard au fait que l’entreprise féminine constitue une source de créativité et de création d’opportunités d’emplois.
Aujourd’hui, je tiens à saluer les femmes rurales et amazighes dans les villages du Maroc profond, celles qui ont besoin d’une attention particulière, en raison du fait qu’elles manquent des conditions minimales d’une vie décente, car elles vivent dans l’isolement, la marginalisation et l’exclusion (linguistique, culturelle, sociale et économique) et sont privées du droit de jouir de la pleine citoyenneté.
(*) Présidente de l’Association des Femmes Harakies



