Laâfou interpelle le gouvernement sur les causes et les circonstances du déraillementdu train et sur les mesures prises pour éviter la reproduction de tels accident stragiques
Les parlementaires critiquent la mauvaise situation des trains et M. Aâmara annonce au parlement les mesures prises après l’accident de Bouknadel
Les députés parlementaires ont adressé, hier lundi à Rabat, des critiques à M. Abdelkader Aâmara, ministre de l’Equipement, des Transports, de la Logistique et de l’Eau, au sujet de la situation catastrophique de l’Office National des Chemins de Fer (ONCF),qui a été à l’originede l’accident de déraillement d’un train à Bouknadel,survenu le mardi 16 octobre 2018 et ayant fait huit morts et 125 blessés.
Dans ce sens, M. Kamal Laâfou,membre du Groupe Haraki à la Chambre des Représentants, s’est interrogé sur les raisons, les circonstances et les répercussions de l’accident de déraillement de ce train et sur les conclusions de l’enquête ouverte dans ce cadre,ainsi que sur les mesures gouvernementales actuelles et futures prises pour éviter la reproduction de tels accidents tragiques.
Pour sa part, M. Abdelkader Aamara, le ministre de l’Equipement, des Transports, de la Logistique et de l’Eau, qui s’est retrouvé dans une situation peu enviable, a défendu l’Office National des Chemins de Fer (ONCF), dirigé par M. Rabiâ Lakhliî, en affirmant que l’ONCF appartient à tous les Marocains, avec ses avantages et inconvénients.
Cette déclaration est intervenue en réaction aux critiques qui lui ont été adressées par les députés parlementaires et ce, dans le cadre réponse qu’il a apportée à une question centrale sur « les circonstances de l’accident tragique du train reliant Kenitra et Casablanca » au cours d’une séance plénière à la Chambre des Représentants.
Aâmara a ajouté qu’une commission multidisciplinaire a été mise en place pour apporter un soutien psychologique et moral aux personnes blessées et à leurs proches, suite au déraillement du train à Bouknadel, précisant que cette commission, supervisée par le Directeur général de l’ONCF, se compose de psychiatres, de juristes et de courtiers d’assurance, et notant que les membres de cette commission ont rendu visite aux blessés et aux familles des victimes.
Concernant les mesures prises immédiatement après l’accident, M. Aâmara a indiqué qu’il a été procédé à la suspension du courant électrique, l’arrêt du trafic ferroviaire, la suspension de la vente des tickets, l’alerte des autorités locales, la mobilisation des équipes de la Protection civile, de la Gendarmerie Royale et des forces auxiliaires, la sécurisation du lieu de l’accident,en plus de la mobilisation de plusieurs hélicoptères et ambulances afin de prodiguer les premiers soins et d’évacuer les blessés vers l’hôpital militaire Mohammed V de Rabat et l’hôpital Moulay Abdellah à Salé.
Sur le plan de l’écoute et de l’accompagnement, le ministre a indiqué qu’une cellule a été mise en place au niveau de l’ONCF, ayant mobilisé quelque 210 collaborateurs auprès des gares et du Centre de relations clients, ajoutant qu’un numéro vert gratuit a été mis à la disposition des proches des victimes et des blessés en vue de les informer sur leurs droits, dans le cadre de la responsabilité civile de l’Office, couverte par une compagnie d’assurance.
D’autre part, M. Aâmara a rappelé que le Procureur général du Roi près la Cour d’appel de Rabat a procédé à l’ouverture d’une enquête judiciaire pour élucider les causes et les circonstances de cet accident, notant que les services de la Gendarmerie Royale ont procédé à l’audition des témoins, des responsables et de toutes les personnes concernées par la supervision du voyage, ainsi qu’à l’examen de tous les documents réglementaires et techniques relatifs à l’accident en vue d’établir les responsabilités légales.
Le ministre a, en outre, souligné que l’ONCF a confié à des experts la mission de mener une autre enquête pour élucider les circonstances de l’accident.
Aâmara a conclu en rappelant que les résultats de ces investigations, qui sont toujours en cours,seront annoncés, indiquant qu’après l’achèvement de l’enquête judiciaire, les responsabilités seront établies et les sanctions seront prises.



