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Lors des travaux de la 5ème édition de l’Université Populaire sur le thème « La langue amazighe : les défis de l’après officialisation »- M. Laenser : la constitutionnalisation de la langue amazighe ne doit pas nous faire oublier la responsabilité de défendre les droits des Amazighs- M. Ouzzine : la consécration de l’amazighe comme langue officielle est l’aboutissement d’un processus continu de lutte menée par les différents acteurs du mouvement amazigh

Les intervenants lors de l’ouverture des travaux de la 5ème édition de l’Université Populaire, tenue samedi dernier à Rabat, ont souligné que « la position et l’importance de la langue amazighe ne s’arrêtent pas à sa constitutionnalisation et à sa consécration en tant que langue officielle ».
Les intervenants lors de cette rencontre organisée par le Mouvement Populaire sous le thème « La langue amazighe : les défis de l’après officialisation » ont affirmé « il est vrai que l’officialisation de la langue amazighe constitue l’aboutissement d’un processus continu de lutte menée par les différents acteurs du mouvement amazigh tout au long de près d’un demi-siècle, mais cela nécessite un approfondissement de la dimension nationale et rationnelle du discours amazigh ».

Pour sa part, M. Mohand Laenser, Secrétaire Général du Mouvement Populaire, a appelé à la synergie des efforts en vue de réaliser davantage d’acquis, affirmant que l’important capital cumulé en matière de préparation scientifique de la langue amazighe, de production artistique et culturelle dans les différents domaines de la connaissance et de l’innovation requiert des différents acteurs de consolider leurs efforts en vue de réaliser de nouveaux acquis, soulignant que la constitutionnalisation de la langue amazighe ne doit pas nous faire oublier notre responsabilité de défendre les droits des Amazighs, car la langue amazighe constitue une composante essentielle de l’identité et de la personnalité marocaine, outre le fait qu’elle constitue un outil de communication et de développement.

Par ailleurs, M. Laenser a salué les efforts déployés par les différents acteurs du mouvement amazigh en vue de la constitutionnalisation de l’amazighe en tant que langue officielle, niant qu’il y ait de conflits entre les langues arabe et amazigh, ou entre les Arabes et les Amazighs.

De son côté, M. Mohamed Ouzzine, Coordonnateur de l’Université Populaire, a considéré que la consécration de l’amazighe en tant que langue officielle est l’aboutissement d’un processus de lutte continue menée par les différents acteurs du mouvement amazigh tout au long d’un demi-siècle, partant des positions du Mouvement Populaire, en passant par la Charte d’Agadir et le Manifeste amazigh de 2000 et le Discours Royal d’Ajdir de 2001 ; lesquels ont représenté un saut qualitatif pour la question amazighe. Parmi les fruits de cette lutte on peut citer la création de l’Institut Royal de la Culture Amazighe (IRCAM), l’adoption de l’alphabet Tifinagh et l’intégration de la langue amazighe dans les secteurs de l’enseignement et des médias.

Le coordonnateur de l’Université Populaire a relevé la phase exceptionnelle que traverse actuellement le Maroc, affirmant « qu’il valait mieux pour nous tous d’être à la hauteur de cette exception, à travers l’adoption de convictions et de visions qui raccourciraient les distances entre les citoyens dans les différentes régions, car la création de blocs sociaux, culturels ou politiques se fait sur la base de principes et de revendications, et non pas sur des bases géographiques et tribales.

Par ailleurs, les travaux de cette session, qui a été marquée par la participation de plusieurs cadres du Parti, de chercheurs et de professeurs universitaires et par la présentation d’exposés s’articulant en particulier sur les thème « les grands chantiers de l’amazighe après sa consécration en tant que langue officielle » et « la consécration de l’amazighe en tant que langue officielle et la stratégie intégrée de l’Etat », ont été couronnées par l’émission de recommandations appelant à œuvrer pour accélérer le rythme de mise à disposition des budgets et des moyens matériels, humains et juridiques à même de garantir la réussite de l’opération de généralisation de l’enseignement de l’amazighe comme langue officielle du pays et ce, sur les plans horizontal et vertical et selon un programme clair et précis.

Les recommandations émises ont également mis l’accent sur la nécessité que les programmes et les contenus scolaires puissent répondre à la décision de consécration de l’amazighe en tant que langue officielle, à travers l’intégration de toutes les données culturelles amazighes relatives aux domaines de l’histoire et de la géographie et aux domaines socioculturels et les noms de sommités amazighes dans les programmes d’enseignement nationaux et régionaux.

De plus, les participants à l’Université Populaire ont appelé à consacrer le caractère citoyen des médias marocains, qui devraient être fondés sur les principes d’égalité et de proximité, de sorte que ces médias puissent refléter les manifestations de la diversité culturelle qui représente la réalité de la société marocaine.

Ces participants ont également appelé à l’érection des médias amazighs en tant que leviers de communication, de développement, d’encadrement, de culturation et d’information, et à abolition de la conception folkloriste qui vise à standardiser la culture amazighe dans cartes postales rigides.

Les participants ont recommandé aussi l’écriture de la langue amazighe en utilisant son alphabet original « le tifinagh » et ce, sur les façades des établissements publics et semi-publics et sur les panneaux de signalisation, la correction des noms amazighs des sites qui ont été auparavant déformés ou changés, ainsi que l’intégration de la langue amazighe dans les secteurs de la justice, de la santé et de l’administration publique en fonction d’un calendrier raisonnable, tout en mettant en place les moyens matériels et les ressources humaines nécessaires pour sa traduction.

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