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Lors d’une journée d’étude organisée à la Chambre des Représentants :Le Maroc a accompli d’importants progrès en matière de lutte contre la tuberculose, mais il continue à enregistrer annuellement davantage de victimes

Les participants à une journée d’étude organisé récemment à Rabat sur le thème “La tuberculose au Maroc : réalité, défis et perspectives” ont été unanimes à souligner que le Maroc a certes accompli d’importants progrès en matière de lutte contre cette maladie, toutefois il continue à enregistrer annuellement de nombreuses victimes innocentes.

Les intervenants lors de cette rencontre, organisée par les groupes et le groupement de la majorité parlementaire en partenariat avec la Ligue marocaine de lutte contre la tuberculose, ont appelé à adopter une stratégie transversale pour y faire face, dans laquelle se superposent les efforts de différents départements gouvernementaux et non seulement ceux du ministère de la Santé, soulignant que la tuberculose, qui constitue un défi mondial, se propage de manière claire dans les quartiers surpeuplés, à travers l’air et le sang.

 

Moubdiî met l’accent sur l’importance d’améliorer et de renforcer la gouvernance et les modes de gestion du programme national de lutte contre la tuberculose

Intervenant lors de l’ouverture des travaux cette journée d’étude, M. Mohamed Moubdiî, Coordinateur des groupes et du groupement de la majorité parlementaire et Président du Groupe Haraki à la Chambre des Représentants, a mis l’accent sur l’importance d’améliorer et de renforcer la gouvernance et les modes de gestion du programme national de lutte contre la tuberculeuse.

Dans son discours d’ouverture, M. Moubdiî a mis en garde contre la propagation de cette maladie, qui est étroitement liée au degré de développement humain et à la pauvreté, affirmant que la réapparition de cette maladie révèle qu’il faudrait sensibiliser au sujet de ses causes et œuvrer à leur éradication dans le cadre du principe « mieux vaut prévenir que guérir ».

Moubdiî a ajouté que cette maladie constitue un véritable défi pour la santé publique dans notre pays, d’autant plus que près de 31.000 cas de tuberculose ont été enregistrés en 2017, dont la majorité dans les rangs d’une population jeune âgée de 15 à 45 ans.

Moubdiî a précisé que la propagation de la tuberculose est tributaire de plusieurs facteurs socio-économiques, tels que les conditions d’habitat, la pauvreté et la malnutrition, notant que 70% des personnes atteintes de tuberculose sont issues des quartiers marginaux des grandes villes, telles que Casablanca, Salé, Fès et Tanger.

Le coordonnateur des groupes de la majorité parlementaire à la Chambre des Représentants a considéré que la tuberculose constitue un “défi mondial”, d’autant plus qu’il a été à l’origine de la pertede la vie de 1,6 million de personnes en 2017 et de la contamination de 10 millions de personnes dans le monde.

Moubdiî a ajouté que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) s’était engagée à œuvrer avec tous les pays, partenaires et communautés locales pour la prévention et l’élimination de cette maladie infectieuse.

Moubdiî a rappelé, dans ce sens, qu’un engagement financier, qui court jusqu’à l’année 2022 et qui s’élève à 13 milliards de dollars américains par an,est mobilisé pour la mise en œuvre des activités de prévention de la tuberculose et la procuration de soins aux maladies atteints de tuberculose, en plus d’un autre montant de l’ordre de 2 milliards de dollars américain consacré à la réalisation de recherches.

Moubdiî a indiqué, en outre, que le Maroc fait face à de nombreuses problématiques, y compris le nombre limité des centres spécialisés dans le diagnostic et le traitement de la tuberculose et des maladies respiratoires, qui ne dépasserait pas 62 centres à sa connaissance.

Le coordonnateur des groupes de la majorité parlementaire à la Chambre des Représentants a conclu son intervention en appelantau respect des principes de durabilité et de continuitédans la mise en œuvre desmesures de prévention et de lutte contre cette maladie, à l’amélioration et au renforcement de la gouvernance et des modes de gestion du programme national de lutte contre la tuberculeuse, à l’intensification des campagnes de prévention et de sensibilisation au caractère dangereux de cette maladie, à la réduction du taux de pauvreté, à l’amélioration des conditions d’habitat,au renforcement de l’accès aux services de base et à la consolidation de l’adhésion de la société civile et des médias dans le cadre d’une approche participative.

 

Ibrahimi : La tuberculose est l’une des problématiques de la santé publique au Maroc

Pour sa part, M. Mustapha Ibrahimi, membre du Groupe de la Justice et du Développement à la Chambre des Représentants, a affirmé que la tuberculose constitue désormais l’une des problématiques auxquelles fait face la santé publique au Maroc, ainsi que l’un des défis sanitaire auxquels le monde est confronté, ce qui a poussé l’Organisation des Nations-Unies (ONU) à faire de l’éradication de cette maladie l’un des Objectifs du Développement Durable (ODD) dans l’horizon 2030.

 

Doukkali :la situation épidémiologique de la tuberculose au Maroc n’est pas préoccupante

De son côté, M. Anass Doukkali, ministre de la Santé, a rassuré les participants par rapport au niveau de propagation de la tuberculose au Maroc, affirmant à cet égard que la situation épidémiologique de la tuberculose dans notre pays est contrôlée et n’est pas préoccupante, d’autant plus que nous avons pu réduire le taux de mortalité liée à cette maladie de 68% entre 1990 et 2016.

Doukkali a poursuivi que le nombre de cas de tuberculose enregistrés au Maroc ne dépasse pas 30.897 cas chaque année, indiquant que la prévalence de la tuberculose pulmonaire infectieuse représente 52% des cas enregistrés.

Le ministre de la Santé, qui a exprimé ses regrets par rapport au granddéficit des médecins spécialisés dans les maladies respiratoires, a attiré l’attention égalementà l’absence d’un cadre juridique obligeant les patients à prendre les médicaments conseillés.

 

Appel aux efforts concertés pour réduire la gravité de la maladie

Par ailleurs, les autres interventions ont rappelé que la tuberculose est une maladie bactérienne, qui touche généralement les poumons et peut toucher également d’autres parties du corps, telles que les os, les articulations et le cerveau, indiquant que cette maladie concerne toutes les catégories d’âge et se développe facilement dans les rangs de personnes qui sont faiblement immunisées, telles que les personnes atteintes de SIDA, souffrent de malnutrition, vivent dans un environnement surpeuplé et ne bénéficient pas de soins de santé.

Les différentes interventions ont également rappelé que la maladie peut évoluer vers l’apparition de souches de la tuberculose résistantes à de nombreux médicaments, ce qui accroît l’impact négatif de cette maladie.

Dans ce sens, les différentes interventions ont appelé à des efforts concertés pour réduire la gravité de cette maladie mortelle, soulignant que ces efforts doivent aller au-delà du domaine médical et s’attaquer aux principaux facteurs favorisant l’apparition de cette maladie, à savoir la pauvreté, la vulnérabilité et la malnutrition.

Les différentes interventions ont également à appeler à intensifier et à coordonner les efforts des départements gouvernementaux, des autorités locales, de la société civile et du secteur privé dans le cadre de partenariats d’intérêt général.

Il convient de noter que de les travaux de cette journée d’étude ont été marqués par la participation de nombreux acteurs issus d’organisations nationales et étrangères, de départements gouvernementaux et d’autres institutions concernées, ainsi que de nombreux parlementaires et observateurs.

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