Pour ces raisons,le Maroc maintient sa demande de reporter la Coupe d’Afrique des Nations- La forte affluence à la Coupe d’Afrique des Nations est porteuse de risques en raison d’Ebola- Le Maroc réaffirme sa volonté de renforcer ses relations historiques avec les pays africains

Le ministère de la Jeunesse et des Sports a souligné, samedi dernier, que le Maroc est attaché à sa décision de maintenir sa demande de report de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de football de 2015 à 2016. Selon un communiqué du ministère, cette décision a été dictée par des raisons sanitaires de la plus haute dangerosité, liées aux risques sérieux de propagation de la pandémie mortelle Ebola.
Faisant suite à la lettre adressée par la Confédération Africaine de Football (CAF) aux autorités marocaines en date du 03 novembre courant et à la réunion tenue le même jour entre le ministère de la Jeunesse et des Sports, la CAF et la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) au sujet de la décision de la CAF de maintenir l’organisation de la CAN 2015 aux dates initialement prévues, à savoir du 17 janvier au 08 février 2015, le communiqué a indiqué que le Royaume du Maroc a décidé de maintenir sa demande de report de cet événement sportif à 2016.
Le communiqué a ajouté que le Royaume du Maroc a toujours fait preuve, en effet, de son engagement résolu d’accueillir cette prestigieuse compétition et de l’ambition qu’il a entretenue de faire de la CAN 2015 une édition exceptionnelle, soulignant que le Royaume du Maroc a entrepris un travail colossal pour la préparation de sa candidature et a consenti, par la suite, un effort tout aussi inégal pour la mise à niveau de ses infrastructures sportives et la finalisation minutieuse des aspects organisationnels.
En outre, et au-delà de la portée sportive de cet évènement, le communiqué a indiqué que le Maroc tient surtout à réaffirmer sa volonté de renforcer davantage ses relations, aussi séculaires que profondes, avec les pays africains frères et amis et de consacrer encore plus les valeurs et les principes universels de tolérance, d’ouverture, de respect et de solidarité que partagent les peuples africains.
Cependant, a ajouté le communiqué, et en raison de la survenance d’un cas de force majeure strictement sanitaire, à savoir le risque épidémique de la maladie à virus Ebola et les conséquences néfastes et incontrôlables qu’elle pourrait engendrer, en termes surtout de pertes humaines, le Maroc a formulé la demande de report de la CAN de 2015 à 2016 et ce, après une mûre réflexion basée sur des faits authentiquement sanitaires.
Le communiqué a indiqué que les informations du ministère de la Santé, qui s’appuient sur les recommandations du Comité National Scientifique « Ebola », se basant elles aussi sur les derniers rapports de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et sur l’évaluation de la situation,révèlent de manière claire l’évolution inquiétante de la pandémie du virus Ebola, maladie grave et souvent mortelle. Le communiqué a précisé, à cet égard, que cette maladie a fait plus de 5.000 morts en quelques mois et a affectée plus de 13.000 personnes. L’OMS prévoit que ce chiffre pourrait dépasser plus de 20.000 personnes dans les mois à venir.
Le communiqué a indiqué que cette décision est essentiellement motivée par les risques médicaux que fait courir ce virus à la santé des concitoyens africains, soulignant que l’OMS reconnaît clairement que les rassemblements de masse sont de nature à augmenter le risque d’importation et de propagation des maladies transmissibles, eu égard au fait que ces rassemblements se composent d’un nombre important de visiteurs provenant de différents pays.
D’autre part, l’OMS, dans un communiqué publié le 23 octobre 2014,recommande à chaque pays d’évaluer le risque “Ebola” associé à ces rassemblements de masse et de prendre la décision appropriée dans le respect des normes de protection de la sécurité sanitaire.
Le communiqué a souligné qu’« outre ces raisons sanitaires,cette décision est également motivée par des raisons humanitaires puis qu’il est de notre responsabilité d’accueillir tous les supporters et nos hôtes dans les meilleures conditions conformément à la culture d’hospitalité et aux traditions marocaines ».
Le communiqué a ajouté que « le Maroc juge inapproprié de se voir contraint, dans le cadre de la mise en œuvre de mesures préventives, de refuser l’entrée sur son territoire à des concitoyens africains, en particulier ceux provenant des pays touchés par le virus Ebola, eu égard aux relations de fraternité et de bon voisinage excellentes qui lient le Maroc aux pays africains ».
Le communiqué a précisé que « certes, le Maroc abrite la Coupe du Monde des Clubs du 10 au 20 décembre prochain, mais cette compétition enregistre une affluence relativement modérée des supporters étrangers, contrairement à la CAN qui, en tant que première compétition sportive africaine, attire des dizaines de milliers de supporters étrangers. Ce chiffre risqued’être plus importantau vu de la proximité géographique du Maroc et de son attractivité touristique ».
Le communiqué a rappelé que le Maroc a accueilli les matchs à domicile des sélections nationales guinéennes (U17 et A) dans le cadre de sa politique de solidarité et de soutien des pays amis touchés par l’épidémie, soulignant que ces matchs ont attiré un nombre réduitde supporters et que la situation est demeurée sous contrôle grâce au dispositif de veille sanitairecontre l’Ebola. De même,le flux de passagers transportés par la Royal Air Maroc est resté sous contrôle grâce au dispositif de contrôle sanitaire mis en place.
Le communiqué a souligné que ce dispositif a certes démontré son efficacité en matière de couverture du risque “Ebola”, mais il serait très difficile de maîtriser ce risqueface au grand nombre de supporterspotentiels et ce, principalement en raison de la longue période d’incubationdu virus Ebola (21 jours).
Le communiqué a ajouté que la forte affluence à la CAN risque paradoxalement d’être affectée par les craintes et appréhensions nourries par l’évolution inquiétante de la pandémie Ebola et nous risquons de voir des stades désertés par les supporters et ce, malgré tous les efforts de sensibilisation et de mobilisation, ce qui risque d’affecter l’image prestigieuse de la CAN à la construction de laquelle nous avons tous longuement œuvré.
D’autre part, le communiquédu ministère de la Jeunesse et des Sports a rappelé que pour des raisons purement techniques relatives à un ajustement du calendrier international, deux CAN ont été organisées successivement en 2012 et 2013, ajoutant pour des motifs tout aussi compréhensibles, il est question que le calendrier de la Coupe du Monde de 2022 connaisse un glissement pour des raisons climatiques, liées essentiellement aux températures élevées.
Le communiqué a souligné que « dictée par des raisons sanitaires de la plus haute dangerosité, liées aux risques sérieux de propagation de la pandémie mortelle Ebola, la décision du Maroc s’avère parfaitement recevable pour justifier un ajustement du calendrier de la CAN et reproduire ainsi le schéma des éditions 2012 et 2013 durant les années 2016 et 2017.
Le communiqué a ajouté que « tout en réaffirmant qu’il est prêt pour l’organisation de la CAN 2015 sur les plans sportif, organisationnel et logistique et qu’il a pris toutes les dispositions nécessaires pour assurer la réussite de cette fête africaine et être à la hauteur de la responsabilité que lui a confiée la CAF, et pour toutes les raisons susmentionnées, le Royaume du Maroc, animé par le même sens de responsabilité, demeure attaché à la décision de maintenir sa demande de reporter la CAN de 2015 à 2016, en raison du cas de force majeure et ses implications ».



